La couleur du kesa

 Mokusho Zeisler traduisant maitre Deshimaru á propos du kesa*.

Etienne 26

Lorsque j’ai cousu mon premier kesa, je voulais le faire aussi traditionnel que possible. Un ami a trouvé quelques jolies vieilles couvertures. J’en ai coupé les meilleures parties. A La Gendronnière il y avait un noyer et j’ai collecté des noix. J’ai fait une sorte de soupe à partir des peaux et commencé à imprégner mon tissu. Les pièces de tissu ne s’imprégnaient pas et restaient presque de la même couleur originale. Alors j’ai fait un compromis et acheté des bouteilles de jus de noix liquide. Après des heures et des heures de travail et encore beaucoup de bouteilles les pièces obtinrent une magnifique couleur brune.

J’ai choisi un fil vert et ai commencé à coudre. Le plus j’avançais, le plus j’aimais la combinaison et aussi le plus grandissaient les protestations des anciennes nonnes. « Seuls les maîtres portent cette couleur. » Je devais le tremper à nouveau mais dans une couleur foncée, qui irait à tous et spécialement aux débutants.

Etienne 26

Je tombais dans un dilemme moral et décidais de me soumettre au jugement de Salomon d’Etienne, qui m’avait déjà ordonné moine. Il était le godo de la sesshin et j’allais dans la chambre du maître. Je lui montrais le kesa et lui expliquais mon embarras. Etienne me sourit. « Oui », dit-il, « tu dois respecter les anciennes nonnes ! » Je pris peur. Ensuite il ajouta : « Dis leur que tu vas le teindre après l’avoir reçu ! » Il me gratifia d’un grand sourire complice et me laissa seul.

 

Le kesa ne dura que 5 ans. Les vieux tissus et le long processus de trempage l’avaient rendu vulnérable. J’ai cousu un autre kesa, un noir.

 

 

 

 

 

 

 

Paul Dokusan Loomans

European Zen Center, Amsterdam


Audio envoyé par Alain Kaisen Krystaszek 

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